ÉCOLOGIE
En tant que fermiers, nous avons la chance d’avoir un lien direct et quotidien avec la terre. D’y être connectée à un point tel que nous voyons, que nous sentons, les effets que nous avons sur elle.
La question au cœur de notre quête : comment est-ce qu’on se
nourrit en équilibre avec la nature ?
Laisser plus de place au Sauvage
Les humains ont développé une alimentation composée en grande majorité de plantes annuelles - par opposition aux plantes vivaces -, cultivées de surcroit. Le blé, le riz et le maïs représentent à eux seuls 60% de l’alimentation mondiale. Il existe des plantes annuelles sauvages, mais elles font très peu partie de notre alimentation commune. Les plantes annuelles nous obligent à beaucoup de travail, en plus d’accaparer d’immenses superficies de terres, de manière très contrôlée, en simplifiant forcément l’écosystème qui y règne - moins d’espèces de plantes, d’insectes et d’animaux.
Une alimentation en harmonie avec la nature doit faire davantage de place aux milieux sauvages !
La terre des Bontés de la Vallée, au moment de son acquisition en 2007, était complètement dégagée : l’ancien propriétaire la fauchait en entier à chaque année. Aujourd’hui, en y mettant les pieds à partir du chemin d’entrée, nous ne voyons plus jusqu’où elle s’étire. La végétation a poussé entre chaque parcelle cultivée, créant un patchwork où se côtoient sauvage et cultivé, travail des hommes et chants des oiseaux perchés 😊. Les espèces pionnières s’y sont implantées (bouleaux, peupliers, saules...). Dans quelques années, la hauteur des arbres sera encore plus grande, et d’autres espèces seront apparues.
Aménager un territoire nourricier
La nature est capable d’une régénération par elle-même, mais elle a aussi besoin de notre aide, à nous humains. Comment peuvent pousser les noisetiers, qui couvraient autrefois abondamment les terres du Québec, si on ne trouve plus aucun de leurs fruits dans les sols ? C’est à nous de les planter !
Depuis 2013, nous poursuivons cette mission. Les premières années ont surtout été des années d’apprentissage : beaucoup d’erreurs, beaucoup de pertes parmi les arbres et arbustes implantés. Les enseignements ont été reçus : c’est aujourd’hui près de 1500 arbres à fruits et à noix, presque tous indigènes, qui poussent sur notre terre. Noyers, chênes, pruniers, cerisiers, châtaigniers, paw-paw, sassafras... Ce sera de toute beauté dans une dizaine d’années, lorsqu’ils auront atteint une taille respectable et qu’ils commenceront à nous faire don de leurs fruits.
Cultiver nos plantes annuelles d’une manière écologique
Il demeure que l’alimentation est liée à une culture, à des souvenirs... Elle tient de l’expérience partagée, elle est liée à nos sens. Il est difficile de la transformer radicalement. On veut continuer à manger nos plantes annuelles préférées : tomates, carottes, concombres, brocolis... Le défi est donc de cultiver ces plantes de manière écologique : sans épuiser le sol, sans polluer l’eau de pesticides et engrais chimiques, etc.
Nous sommes chanceux, plein de gens ont ouvert la voie. Nous pensons entre autres au mouvement Soil Health aux États-Unis, au mouvement d’agriculture régénératrice qui s’amplifie mondialement depuis quelques années.
Nous tentons dans nos champs de respecter 5 principes, inspirés de la nature :
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Le sol n’est pas travaillé mécaniquement;
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Le sol est couvert; il n’est pas à nu;
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Grande diversité de plantes;
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Le sol est gardé vivant sans interruption (présence de racines vivantes en permanence);
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Les animaux font partie de l’écosystème.
Nous souhaitons continuer à le faire, tout en restant ouverts à l’amélioration de nos pratiques.

