Inspirations
Nous redeviendrons paysans
« Si nous voulons vivre durablement sur cette planète, un nombre croissant de personnes devront se reconnecter à la terre et produire, pour elles-mêmes ou leurs communautés, leur alimentation.
Comme l’écrit Philippe Desbrosses, “nous redeviendrons paysans”. Une société ne peut survivre avec seulement 2 à 3 % d’agriculteurs. Mais les paysans de demain ne seront pas issus de la classe agricole, réduite comme une peau de chagrin, ils viendront des villes, des bureaux, des commerces, des usines... Une certitude : ils n’iront pas à la terre avec les modèles du passé. Il nous faut inventer de nouvelles manières d’être paysans au XXIe siècle. Les paysans de demain seront les gardiens de la vie, leurs fermes seront des lieux de guérison, de beauté et de cohérence. »
- Perrine et Charles Hervé-Gruyer, Permaculture (Actes Sud, 2014, p. 28).

Santé
Nous sommes soucieux de la santé de l’écosystème tout comme nous sommes soucieux de la santé humaine. Il nous apparaît évident que les deux vont de pair, qu’en veillant sur la première, l’autre y gagne.
Les recherches en santé des sols montrent qu’avec une grande diversité d’êtres vivants dans le sol (bactéries, champignons, vers de terre, etc.) apparaissent des fonctions du sol: aération, rétention de l’eau, auto-fertilité, etc. L’écosystème devient alors plus robuste, capable d’affronter les ennemis vivants (virus, insectes ravageurs...) autant que les événements climatiques (fortes pluies, longue sécheresse...).
Les aliments issus de cet écosystème sont eux-mêmes plus sains, ayant bénéficié de tout le réseau d’êtres vivants du sol, dont ils ont su tirer une diversité de phytonutriments essentiels à notre santé.
Plus l’écosystème « sol » sera en santé, plus il sera capable de s’autoréguler, moins nous aurons à intervenir sur lui.
Nous rêvons, à grande échelle, d’une agriculture naturelle, saine, qui mise sur la force de la biologie du sol (ce riche réseau de vies), pour nourrir et garder en santé les humains que nous sommes.
Écologie
En tant que fermiers, nous avons la chance d’avoir un lien direct et quotidien avec la terre. D’y être connectée à un point tel que nous voyons, que nous sentons, les effets que nous avons sur elle.
La question au cœur de notre quête : comment est-ce qu’on se nourrit en équilibre avec la nature ?
Laisser plus de place au Sauvage
Les humains ont développé une alimentation composée en grande majorité de plantes annuelles - par opposition aux plantes vivaces -, cultivées de surcroit. Le blé, le riz et le maïs représentent à eux seuls 60% de l’alimentation mondiale. Il existe des plantes annuelles sauvages, mais elles font très peu partie de notre alimentation commune. Les plantes annuelles nous obligent à beaucoup de travail, en plus d’accaparer d’immenses superficies de terres, de manière très contrôlée, en simplifiant forcément l’écosystème qui y règne - moins d’espèces de plantes, d’insectes et d’animaux.
Une alimentation en harmonie avec la nature doit faire davantage de place aux milieux sauvages !
La terre des Bontés de la Vallée, au moment de son acquisition en 2007, était complètement dégagée : l’ancien propriétaire la fauchait en entier à chaque année. Aujourd’hui, en y mettant les pieds à partir du chemin d’entrée, nous ne voyons plus jusqu’où elle s’étire. La végétation a poussé entre chaque parcelle cultivée, créant un patchwork où se côtoient sauvage et cultivé, travail des hommes et chants des oiseaux perchés 😊. Les espèces pionnières s’y sont implantées (bouleaux, peupliers, saules...). Dans quelques années, la hauteur des arbres sera encore plus grande, et d’autres espèces seront apparues.
Aménager un territoire nourricier
La nature est capable d’une régénération par elle-même, mais elle a aussi besoin de notre aide, à nous humains. Comment peuvent pousser les noisetiers, qui couvraient autrefois abondamment les terres du Québec, si on ne trouve plus aucun de leurs fruits dans les sols ? C’est à nous de les planter !
Depuis 2013, nous poursuivons cette mission. Les premières années ont surtout été des années d’apprentissage : beaucoup d’erreurs, beaucoup de pertes parmi les arbres et arbustes implantés. Les enseignements ont été reçus : c’est aujourd’hui près de 1500 arbres à fruits et à noix, presque tous indigènes, qui poussent sur notre terre. Noyers, chênes, pruniers, cerisiers, châtaigniers, paw-paw, sassafras... Ce sera de toute beauté dans une dizaine d’années, lorsqu’ils auront atteint une taille respectable et qu’ils commenceront à nous faire don de leurs fruits.
Cultiver nos plantes annuelles d’une manière écologique
Il demeure que l’alimentation est liée à une culture, à des souvenirs... Elle tient de l’expérience partagée, elle est liée à nos sens. Il est difficile de la transformer radicalement. On veut continuer à manger nos plantes annuelles préférées : tomates, carottes, concombres, brocolis... Le défi est donc de cultiver ces plantes de manière écologique : sans épuiser le sol, sans polluer l’eau de pesticides et engrais chimiques, etc.
Nous sommes chanceux, plein de gens ont ouvert la voie. Nous pensons entre autres au mouvement Soil Health aux États-Unis, au mouvement d’agriculture régénératrice qui s’amplifie mondialement depuis quelques années.
Nous tentons dans nos champs de respecter 5 principes, inspirés de la nature :
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Le sol n’est pas travaillé mécaniquement;
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Le sol est couvert; il n’est pas à nu;
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Grande diversité de plantes;
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Le sol est gardé vivant sans interruption (présence de racines vivantes en permanence);
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Les animaux font partie de l’écosystème.
Nous souhaitons continuer à le faire, tout en restant ouverts à l’amélioration de nos pratiques.

Real Organic Podcast
L'écrivaine et agricultrice Kristin Kimball (Essex Farm, NY) met en lumière l'idée selon laquelle les agriculteurs de fermes familiales biologiques ont désespérément besoin de mangeurs pour les aider à transformer le système alimentaire. Choisir d’acheter des aliments entiers, choisir de cuisiner, choisir le sens plutôt que la commodité et choisir d’enseigner aux autres comment faire de même peut apporter un changement puissant et nécessaire
Épisode #147 · Kristin Kimball | The Small Farm Revolution Needs Activist Eaters
Agriculture soutenue par la communauté
Dans ce sixième épisode, l'agrobiologue globe-trotteur Ghislain « Gigi » Jutras parcourt 800 km pour aller à la rencontre de quatre fermes ayant pratiqué l'ASC* de façon indépendante avant la création du Réseau des fermiers et fermières de famille en 1996. Ces précurseurs expliquent de quelle façon ils ont connu cette forme de mise en marché solidaire avant même qu'elle ne soit popularisée par Équiterre. En plus de leurs sources d'inspiration et de leurs motivations, on y apprend quels furent les impacts de l'arrivée du RFF pour ces fermes qui en constituèrent le noyau dans les premières années.
EP6 · À l'écoute de nos racines | Les fermes précurseures de l'ASC au Québec.


