Coups de cœur de Bontéistes
- Geneviève Sicotte

- 3 sept.
- 4 min de lecture
Dernière mise à jour : 3 sept.
Quels sont vos moments « coups de cœur », ceux qui vous font vibrer et qui donnent du sens à votre implication aux Bontés de la Vallée? Pour plusieurs membres, rien ne vaut le plaisir de plonger les mains dans la terre et de sentir l’air de la campagne. Voici quelques témoignages glanés récemment à la ferme lors d’un vendredi-volontaires.

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Si les moments passés aux Bontés sont mémorables, c’est bien souvent à cause du facteur humain. Pour Jocelyne, « retrouver les gens, c’est un grand bonheur. C’est drôle, c’est agréable, c’est léger… » Gisèle évoque même la naissance de vraies relations significatives. « Je suis retraitée à la campagne, souvent à la maison… Or ici, je me suis fait de nouvelles amies. Et on ne fait pas que jaser au restaurant : notre amitié se construit à travers ce qu’on fait ensemble. Donc un beau moment de la journée, c’est quand je revois ces personnes-là. »
Si les rencontres sont riches, c’est parce qu’elles permettent de se sentir en lien les uns avec les autres. Mathieu décrit « le plaisir de trouver des gens avec qui on partage des valeurs, une façon de voir la vie… » Mais il corrige aussitôt en riant : « en fait, on n’a pas tout le temps la même vision, mais on a de belles discussions, c’est jamais plate! »
Pour Magalie, les rencontres sont l’occasion de créer non seulement des liens et des solidarités, mais de mettre en commun des aspirations : « La ferme me donne l’espoir d’arriver au monde dans lequel je veux vivre. Je vois des gens qui consacrent beaucoup d’énergie pour arriver à ce monde auquel on aspire, qui partagent peut-être une même vision que moi, qui sont prêts à y mettre du temps, à s’investir. Alors venir ici, c’est magique… »
S’ancrer
S’il y a un bel idéalisme chez les volontaires, ils se montrent aussi pleins de gratitude pour les bienfaits concrets de la nature qui les entoure.
Adrien raconte que quand il était petit, il redoutait les douloureuses piqûres des fourmis rouges du jardin de sa grand-mère, auxquelles il se croyait allergique. « J’ai été très vite casanier et on ne m’a pas encouragé à passer du temps dehors. Mon père valorisait le fait que je travaille pour l’école… » Plus tard, il a adhéré à des valeurs progressistes et écologistes, mais d’une manière qu’il qualifie de « théorique ». Son implication à la ferme lui apporte une perspective différente, qui passe par le fait d’entrer en contact direct avec la terre. Si vous le croisez aux Bontés, vous le verrez donc marcher… pieds nus! « C’est vraiment précieux, ça me fait cheminer sur moi-même. Ça me permet de sentir que tout bouge, de sentir ce qu’il y a sous moi, d’être bien groundé. C’est peut-être cliché, mais ça me procure vraiment le sentiment de faire partie d’un tout. En ville je marche aussi pieds nus mais ce n’est pas la même satisfaction car l’environnement est très minéral. À la ferme, c’est un tout qui fait sens, et qui est vivant. »
Jocelyne ne marche pas pieds nus, mais son propos révèle aussi l’ancrage bénéfique que peut apporter le contact avec la terre. Elle mentionne que dans la vie professionnelle, le travail est souvent intellectuel et désincarné : « quand tu entres au bureau, tu as des piles de documents, et quand tu sors à la fin de la journée, les piles ont changé de place, mais c’est à peu près tout ». C’est tout le contraire à la ferme, où les réalisations tangibles suscitent un vrai sentiment de fierté et d’accomplissement : « tu vois ton travail, ce que tu as planté, le champ que tu as désherbé… Et après, ces légumes-là, tu les retrouves dans tes paniers. Tu regardes les légumes et tu fais : eille, c’est moi qui ai planté ça! »
Contribuer
Pour bien des membres, le plaisir de l’engagement est simple : il s’agit de contribuer à un projet plus grand que soi. Gisèle le dit avec enthousiasme et générosité : « Ce que j’aime le plus, c’est quand je me rends utile, quand je donne un coup de main. »
Aucune action n’est trop modeste et chacune contribue à bâtir la communauté. Michel insiste sur cet aspect, qu’il appelle « la force du nombre » : « Les gens ne s’imaginent pas à quel point une seule journée qu’ils donnent dans l’année, c’est super important. Si les 250 familles membres donnent chacune une journée, ça fait 250 jours de travail. Quand on doit désherber un champ, à deux, c’est décourageant… Mais si on est dix, ça nous prend deux heures et on a fini! Quel plaisir! » Et pour les membres qui se sentiraient intimidés, Mathieu ajoute qu’il y a toujours du travail à faire et que ce n’est rien de compliqué : « Il y a de l’ouvrage en masse, n’ayez pas peur de déranger! »
Célébrer
Ces témoignages vous interpellent? Voici encore ce qu’en dit Mathieu : « Si vous n’êtes pas venu·e à la ferme, il vous manque quelque chose. Il vous manque une expérience formidable à côté de laquelle vous passez. »
Une belle occasion s’offre dès ce samedi 6 septembre, alors qu’on célébrera les 20 ans des Bontés de la Vallée! Comme l’annonce de l’activité le précise, ce sera « une journée de partage, de reconnaissance, de rires et de souvenirs » ouverte à tous les membres, des plus anciens aux plus récents. Entre autres au programme : animations pour les enfants, tâches variées à la ferme, marche pieds nus dans les champs (eh oui!), conférence-discussion, souper potluck, soirée dansante et camping… Ami·e·s bontéistes, soyez-y – qui sait, vous y trouverez peut-être votre prochain coup de cœur!




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