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Verts


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Depuis le mois de mai, je me suis mise à remarquer les nuances de vert. Au printemps, c’était simple, tout éclatait : les verts étaient tendres, brillants, joyeux, acidulés, une vraie fanfare de chlorophylle.


Mais maintenant, l’été tourne sur ses gonds. Nous entrons bientôt dans l’arrière-saison et de jour en jour, la palette se complexifie.


Je pense à la chanson d’Harmonium, « Vert, jaune et rouge et bleu / J’ai le soleil dans les yeux »… Elle raconte justement cela : le soleil « commence à descendre » et avant de s’enfoncer dans le solstice d’hiver, il va « nous montrer ses couleurs ». Les plantes actent ce cycle, l’incarnent dans toutes les modulations de leurs verts.


Dans les champs, je m’imprègne. Du vert des laitues, infusé de pourpre sombre. De l’émeraude des plumets de fenouil. Du rouge bruni du rosier sauvage, qui vibre et éclate dans les beaux cynorrhodons. De la teinte bleutée et mate des feuilles de brocoli. De la touche dorée dans les arbres, dans les champs, dans les herbes et les fleurs.


Quand est-ce que du vert devient une autre couleur?


Accompagnant ce nuancier de l’été qui s’achève, il y a des goûts nouveaux. Les saveurs végétales, toniques et amères ne sont plus de saison.


Maintenant, j’aspire à la douceur fruitée des tomates et des courges, au parfum anisé des fenouils, au goût terreux des betteraves, au moelleux des aubergines… Cette autre cuisine, lente et mûrie, prépare le corps et l’âme au passage vers l’automne.



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